Bulletins

145

L’horloge judiciaire se remet en marche en septembre

Depuis un mois, on a pu observer que dans divers secteurs, les activités reprennent graduellement et que les réouvertures se succèdent — mouvement auquel n’échappent pas les tribunaux.

Peut-être vous rappellerez-vous que des arrêtés ministériels émis en mars avaient ordonné la suspension de plusieurs délais et prescriptions jusqu’à ce que le gouvernement décide de mettre fin à l’état d’urgence, lequel se prolonge. Le 28 mai, nous vous avions informés que les tribunaux allaient reprendre leurs activités graduellement à compter du 1er juin, rappelant qu’on devait s’attendre à ce que les délais qui avaient été suspendus temporairement, y compris les prescriptions et délais procéduraux, recommencent à courir.

Comme on pouvait donc s’y attendre, le ministre de la Justice et Procureur général du Québec, M. Simon Jolin-Barrette, et la nouvelle juge en chef du Québec, l’honorable Manon Savard, viennent d’annoncer que les suspensions de ces délais prendraient fin le 31 août : à compter du 1er septembre, l’horloge se remet en marche. Le temps qui devait encore courir lorsque la pandémie s’est déclarée devient la nouvelle échéance. De plus, si, le 15 mars, un protocole d’instance avait été déposé en vue de l’audition, une extension de 45 jours sera ajoutée aux délais afin de faciliter le processus.

Comme l’indiquait le ministre Jolin-Barrette, le but de cette annonce anticipée est d’informer les justiciables et la communauté juridique de façon qu’ils puissent se préparer dès que possible. Cette annonce devrait contribuer à atténuer les impacts de la pandémie sur le système de justice et sur les justiciables.

Il est donc temps de réactiver vos dossiers et de vous assurer de réviser vos réclamations en cours afin de préserver vos droits.

  • Si vous êtes partie à un litige en cours, assurez-vous de communiquer avec votre avocat afin d’obtenir des conseils sur les préparatifs à mettre en place.
  • Vous devriez également consulter un avocat si vous êtes dans une situation litigieuse n’ayant pas encore donné lieu à des démarches judiciaires. Le temps court et pourrait faire en sorte que vos droits ne puissent plus être sanctionnés.

145

Auteurs

Mariella De Stefano

Avocate, associée et co-gestionnaire du groupe de Droit des assurances

Articles dans la même catégorie

Coupe du monde 2026 : la FIFA peut commercialiser le tournoi, mais pas la confiance

Introduction Avec 48 équipes, 104 rencontres, trois pays hôtes et 39 jours de compétition, la Coupe du monde 2026 était déjà appelée à entrer dans l’histoire par son ampleur. Sur le terrain accueillant une VAR transformée (Video Assistant Referee), les nouveaux règlements de la FIFA ont soumis chaque geste des joueurs à une précision microscopique. […]

L’assureur n’a pas à découvrir ce que l’assuré avait l’obligation de divulguer

Dans l’affaire Kayembe-Kabeya c. Industrielle Alliance, assurance et services financiers inc., 2026 QCCS 1714, la Cour supérieure remet les pendules à l’heure en matière de « plus haute bonne foi » contractuelle. Les faits En septembre 2019, Mme Ricady Mede (ci-après « Mede ») souscrit une police d’assurance-vie auprès d’Industrielle Alliance (ci-après l’« Assureur »). Quelques mois plus tard, elle décède des […]

Un vice caché ne doit pas être caché trop longtemps…

Dans l’affaire Reinert c. Construction Maurice Bilodeau inc., 2026 QCCS 2276, la Cour supérieure a récemment rendu un jugement traitant de l’importance de dénoncer un vice caché dans un délai raisonnable. Les faits En 2013, Mme Sylvie Reinert et M. Denis Leclerc concluent des ententes avec Construction Maurice Bilodeau inc. (« CMB ») pour la construction d’un immeuble résidentiel sur […]

Mathématiques : une réclamation, deux incendies, trois foyers d’origine égalent zéro indemnité : quand les présomptions parlent plus fort que les aveux

Dans Chatel c. Desjardins Assurances, 2026 QCCS 712, la Cour supérieure rappelle un principe fondamental du droit des assurances : la preuve directe n’est pas indispensable pour établir une faute intentionnelle. Chatel réclamait la somme de 532 000 $ à son assureur après deux incendies survenus à quatre jours d’intervalle. Le premier avait causé des dommages […]

Le plaideur quérulent : les limites du droit d’accès aux tribunaux

L’accès aux tribunaux est un droit fondamental, mais que se passe-t-il lorsqu’une personne l’utilise non pas pour faire valoir des droits légitimes, mais pour harceler autrui ou engorger le système à outrance? C’est la quérulence : la propension à exercer son droit d’ester en justice de manière excessive ou déraisonnable. Loin d’être un phénomène marginal, […]

Avant d’acheter un bien lisez ceci : le 5 octobre, les règles du jeu changent!

Le 5 octobre 2026, entreront en vigueur ce qui devraient être les dernières modifications au Règlement modifiant le Règlement d’application de la Loi sur la protection du consommateur (le « Règlement »), lesquelles complètent la mise en œuvre de la nouvelle garantie de « bon fonctionnement » dans la province du Québec. Le commerçant ou le fabricant devra réparer le bien […]

Soyez les premiers informés

Abonnez-vous à nos communications