Bulletins

111

Reprise des activités judiciaires alors que la crise de la COVID-19 connaît une (légère) accalmie

La menace que constitue le coronavirus est loin d’être chose du passé. Toutefois, peu à peu, les activités reprennent. Les tribunaux, après avoir été pratiquement paralysés pendant plus de deux mois, s’ajustent graduellement à une nouvelle réalité. Comment les choses vont-elles se dérouler?

La Cour supérieure du Québec se prépare à reprendre progressivement ses activités à partir du 1er juin. Son but est d’entendre la moitié des procès dont l’audition avait été prévue pour le mois de juin. La priorité sera accordée aux dossiers suivants :

  • Les affaires urgentes, y compris les affaires de droit de la famille;
  • Les affaires pouvant être entendues autrement que par une présence en salle d’audience, autrement dit par visioconférence ou conférence téléphonique;
  • Les affaires dans lesquelles aucun témoin ne doit être entendu;
  • Les affaires civiles de courte durée.

La Cour du Québec, qui a compétence sur les dossiers dont la valeur est inférieure à 85 000 $, a également arrêté des mesures visant une reprise progressive de ses activités à compter du 1er juin. Les dossiers de nature urgente de même que les « causes prioritaires » auront préséance.

Les tribunaux auront toute discrétion pour ordonner le report de certains dossiers. L’objectif demeure d’entendre le plus possible de causes et de revenir éventuellement à une activité normale; toutefois, cette reprise dépendra des conditions sanitaires, des restrictions imposées par les autorités et de la disponibilité des juges, des salles d’audience et du personnel judiciaire.

On se rappellera que le 15 mars dernier, la ministre de la Justice et la juge en chef du Québec avaient ordonné la suspension de certains délais de prescription et de procédure civile jusqu’à la levée de l’état d’urgence par le gouvernement du Québec, qui a été remise au 3 juin. Maintenant que s’amorce une reprise des activités des tribunaux, nous prévoyons que le gouvernement s’apprête à lever cette suspension. À ce moment, l’expiration de ces délais sera reportée du nombre de jours qu’aura duré la suspension.

Veuillez noter que les commentaires qui précèdent sont d’ordre général : les modalités de reprise des activités judiciaires varieront d’une cour ou d’un tribunal à l’autre, et entre les divers districts judiciaires.

Dès lors, si vous avez des affaires en cours, votre avocat devrait vous fournir des directives applicables à votre situation.

111

Auteurs

Mariella De Stefano

Avocate, associée et co-gestionnaire du groupe de Droit des assurances

Articles dans la même catégorie

Sans mise en demeure, point de résiliation

La décision Pavage Wemindji inc. c. Compagnie de Construction et de Développement crie ltée, rendue par la Cour supérieure, rappelle l’importance de la mise en demeure avant de résilier un contrat. Une mise en demeure requiert de fournir un délai ultime d’exécution et d’annoncer la conséquence d’un défaut. La décision La demanderesse Pavage Wemindji inc. (« Wemindji »), […]

Contrats publics : quand la clause pénale devient-elle abusive?

Pratique pour le donneur d’ouvrage, la clause pénale d’un contrat lui évite d’avoir à prouver l’étendue de ses dommages en cas de non-respect d’une obligation. Elle est aussi redoutable pour l’entrepreneur, qui s’expose à une peine forfaitaire pouvant représenter une part significative de la valeur du contrat. Mais cette mécanique bien rodée a une limite : […]

Pas si intelligent que ça !

Depuis la démocratisation des outils d’intelligence artificielle, des préoccupations croissantes émergent quant à leur utilisation dans le cadre des procédures judiciaires. Des jugements récents s’appuient sur l’article 342 du Code de procédure civile afin de sanctionner les parties qui en font un usage inadéquat. Plus précisément, cette disposition a été invoquée à plusieurs reprises pour réprimer l’utilisation ou […]

Alors? C’est réglé ou non?

Dans un jugement en cours d’instance rendu le 20 février 2026 dans le dossier Djaferian c. Spanoudakis, la Cour supérieure devait déterminer si une offre formulée 15 mois auparavant, avant la judiciarisation du dossier, pouvait être acceptée et donner lieu à une transaction. Résumé des faits et chronologie Le Demandeur, un copropriétaire ayant subi un dégât d’eau […]

Partys de bureau : jusqu’où s’étend la responsabilité de l’employeur de prévenir les incidents de harcèlement ?

Dans De Sousa et Corporation interactive Eidos, 2026 QCTAT 4, le Tribunal administratif du travail (TAT) a récemment rendu une décision qui semble élargir considérablement la portée des obligations de l’employeur en matière de prévention du harcèlement. Dans cette affaire, à la suite d’une agression sexuelle subie par une salariée à son domicile après une fête d’entreprise, le TAT devait notamment déterminer […]

Les pertes économiques doivent-elles être considérées comme des dommages aux biens?

La Cour d’appel du Québec répond dans l’affaire Zurich, Compagnie d’assurances SA c. CRT Construction inc., en infirmant la décision de la Cour supérieure concernant l’interprétation d’une police d’assurance de construction. Faits CRT Construction inc. (« CRT ») a été mandatée par la Ville de Montréal (« la Ville ») pour réaliser d’importants travaux de construction à […]

Soyez les premiers informés

Abonnez-vous à nos communications