Bulletins

130

Reprise des activités judiciaires alors que la crise de la COVID-19 connaît une (légère) accalmie

La menace que constitue le coronavirus est loin d’être chose du passé. Toutefois, peu à peu, les activités reprennent. Les tribunaux, après avoir été pratiquement paralysés pendant plus de deux mois, s’ajustent graduellement à une nouvelle réalité. Comment les choses vont-elles se dérouler?

La Cour supérieure du Québec se prépare à reprendre progressivement ses activités à partir du 1er juin. Son but est d’entendre la moitié des procès dont l’audition avait été prévue pour le mois de juin. La priorité sera accordée aux dossiers suivants :

  • Les affaires urgentes, y compris les affaires de droit de la famille;
  • Les affaires pouvant être entendues autrement que par une présence en salle d’audience, autrement dit par visioconférence ou conférence téléphonique;
  • Les affaires dans lesquelles aucun témoin ne doit être entendu;
  • Les affaires civiles de courte durée.

La Cour du Québec, qui a compétence sur les dossiers dont la valeur est inférieure à 85 000 $, a également arrêté des mesures visant une reprise progressive de ses activités à compter du 1er juin. Les dossiers de nature urgente de même que les « causes prioritaires » auront préséance.

Les tribunaux auront toute discrétion pour ordonner le report de certains dossiers. L’objectif demeure d’entendre le plus possible de causes et de revenir éventuellement à une activité normale; toutefois, cette reprise dépendra des conditions sanitaires, des restrictions imposées par les autorités et de la disponibilité des juges, des salles d’audience et du personnel judiciaire.

On se rappellera que le 15 mars dernier, la ministre de la Justice et la juge en chef du Québec avaient ordonné la suspension de certains délais de prescription et de procédure civile jusqu’à la levée de l’état d’urgence par le gouvernement du Québec, qui a été remise au 3 juin. Maintenant que s’amorce une reprise des activités des tribunaux, nous prévoyons que le gouvernement s’apprête à lever cette suspension. À ce moment, l’expiration de ces délais sera reportée du nombre de jours qu’aura duré la suspension.

Veuillez noter que les commentaires qui précèdent sont d’ordre général : les modalités de reprise des activités judiciaires varieront d’une cour ou d’un tribunal à l’autre, et entre les divers districts judiciaires.

Dès lors, si vous avez des affaires en cours, votre avocat devrait vous fournir des directives applicables à votre situation.

130

Auteurs

Mariella De Stefano

Avocate, associée et co-gestionnaire du groupe de Droit des assurances

Articles dans la même catégorie

L’assureur n’a pas à découvrir ce que l’assuré avait l’obligation de divulguer

Dans l’affaire Kayembe-Kabeya c. Industrielle Alliance, assurance et services financiers inc., 2026 QCCS 1714, la Cour supérieure remet les pendules à l’heure en matière de « plus haute bonne foi » contractuelle. Les faits En septembre 2019, Mme Ricady Mede (ci-après « Mede ») souscrit une police d’assurance-vie auprès d’Industrielle Alliance (ci-après l’« Assureur »). Quelques mois plus tard, elle décède des […]

Un vice caché ne doit pas être caché trop longtemps…

Dans l’affaire Reinert c. Construction Maurice Bilodeau inc., 2026 QCCS 2276, la Cour supérieure a récemment rendu un jugement traitant de l’importance de dénoncer un vice caché dans un délai raisonnable. Les faits En 2013, Mme Sylvie Reinert et M. Denis Leclerc concluent des ententes avec Construction Maurice Bilodeau inc. (« CMB ») pour la construction d’un immeuble résidentiel sur […]

Mathématiques : une réclamation, deux incendies, trois foyers d’origine égalent zéro indemnité : quand les présomptions parlent plus fort que les aveux

Dans Chatel c. Desjardins Assurances, 2026 QCCS 712, la Cour supérieure rappelle un principe fondamental du droit des assurances : la preuve directe n’est pas indispensable pour établir une faute intentionnelle. Chatel réclamait la somme de 532 000 $ à son assureur après deux incendies survenus à quatre jours d’intervalle. Le premier avait causé des dommages […]

Le plaideur quérulent : les limites du droit d’accès aux tribunaux

L’accès aux tribunaux est un droit fondamental, mais que se passe-t-il lorsqu’une personne l’utilise non pas pour faire valoir des droits légitimes, mais pour harceler autrui ou engorger le système à outrance? C’est la quérulence : la propension à exercer son droit d’ester en justice de manière excessive ou déraisonnable. Loin d’être un phénomène marginal, […]

Avant d’acheter un bien lisez ceci : le 5 octobre, les règles du jeu changent!

Le 5 octobre 2026, entreront en vigueur ce qui devraient être les dernières modifications au Règlement modifiant le Règlement d’application de la Loi sur la protection du consommateur (le « Règlement »), lesquelles complètent la mise en œuvre de la nouvelle garantie de « bon fonctionnement » dans la province du Québec. Le commerçant ou le fabricant devra réparer le bien […]

Sans mise en demeure, point de résiliation

La décision Pavage Wemindji inc. c. Compagnie de Construction et de Développement crie ltée, rendue par la Cour supérieure, rappelle l’importance de la mise en demeure avant de résilier un contrat. Une mise en demeure requiert de fournir un délai ultime d’exécution et d’annoncer la conséquence d’un défaut. La décision La demanderesse Pavage Wemindji inc. (« Wemindji »), […]

Soyez les premiers informés

Abonnez-vous à nos communications