Bulletins

230

Diffamation sur les médias sociaux : prenez garde à ce que vous diffusez!

De nos jours, la communication s’effectue couramment au moyen des médias sociaux. Les réseaux tels que Facebook ou Instagram constituent des tribunes d’une efficacité imbattable pour se faire entendre. Toutefois, la prudence demeure de mise avant d’émettre en ligne des critiques ou des plaintes, car des propos vitrioliques transmis au moyen des médias sociaux pourraient constituer de la diffamation.

Dans Ville de Longueuil c. Théodore, 2020 QCCS 1339, la Cour supérieure du Québec concluait récemment que la liberté d’expression a ses limites. M. Théodore avait émis sur sa page Facebook une série de commentaires visant des représentants de la Ville de Longueuil, y compris plusieurs policiers. Il y déplorait leur corruption, leur comportement criminel et leur incompétence.

On lui a enjoint de cesser immédiatement de diffuser des propos diffamatoires sur Facebook ou sur tout autre médium et de retirer de ses pages les propos diffamatoires déjà affichés de même que les noms des employés et représentants de la Ville et les renseignements permettant de communiquer avec eux.

Les jugements de cette nature ne sont pas rares : l’« anonymat » de la toile mondiale n’est pas une protection infaillible. Les avocats plaidants de RSS ont déjà obtenu une ordonnance judiciaire pour contraindre un fournisseur d’accès Internet à donner les nom et adresse d’un utilisateur qui affichait sous couvert d’anonymat des propos diffamatoires. Cette démarche nous a permis d’intenter des procédures en injonction contre cet individu une fois qu’il a été identifié.

230

Auteurs

Martin Côté

Associé directeur

Articles dans la même catégorie

Quand la ruine se devine

Dans l’affaire Société d’assurance Beneva Inc. c. Ville de Sherbrooke, 2026 QCCA 1301, la Cour d’appel rend, à la suite du bris d’une conduite d’eau, une décision aussi brève que percutante sur la responsabilité liée à la ruine d’un immeuble. Sa portée pourrait dépasser largement les conduites souterraines. Les faits En novembre 2021, le bris […]

Rien ne sert de soumissionner si on n’a pas étudié avant

Dans l’affaire 9329-0146 Québec inc. (M. Potvin Excavation) c. Ville de Saint-Constant, 2026 QCCA 1199, la Cour d’appel du Québec rappelle les principes applicables à l’obligation de renseignement du donneur d’ouvrage ainsi qu’à l’obligation corrélative de se renseigner incombant au soumissionnaire. Les faits  En mai 2020, la Ville de Saint-Constant lance un appel d’offres public […]

Coupe du monde 2026 : la FIFA peut commercialiser le tournoi, mais pas la confiance

Introduction Avec 48 équipes, 104 rencontres, trois pays hôtes et 39 jours de compétition, la Coupe du monde 2026 était déjà appelée à entrer dans l’histoire par son ampleur. Sur le terrain accueillant une VAR transformée (Video Assistant Referee), les nouveaux règlements de la FIFA ont soumis chaque geste des joueurs à une précision microscopique. […]

L’assureur n’a pas à découvrir ce que l’assuré avait l’obligation de divulguer

Dans l’affaire Kayembe-Kabeya c. Industrielle Alliance, assurance et services financiers inc., 2026 QCCS 1714, la Cour supérieure remet les pendules à l’heure en matière de « plus haute bonne foi » contractuelle. Les faits En septembre 2019, Mme Ricady Mede (ci-après « Mede ») souscrit une police d’assurance-vie auprès d’Industrielle Alliance (ci-après l’« Assureur »). Quelques mois plus tard, elle décède des […]

Un vice caché ne doit pas être caché trop longtemps…

Dans l’affaire Reinert c. Construction Maurice Bilodeau inc., 2026 QCCS 2276, la Cour supérieure a récemment rendu un jugement traitant de l’importance de dénoncer un vice caché dans un délai raisonnable. Les faits En 2013, Mme Sylvie Reinert et M. Denis Leclerc concluent des ententes avec Construction Maurice Bilodeau inc. (« CMB ») pour la construction d’un immeuble résidentiel sur […]

Mathématiques : une réclamation, deux incendies, trois foyers d’origine égalent zéro indemnité : quand les présomptions parlent plus fort que les aveux

Dans Chatel c. Desjardins Assurances, 2026 QCCS 712, la Cour supérieure rappelle un principe fondamental du droit des assurances : la preuve directe n’est pas indispensable pour établir une faute intentionnelle. Chatel réclamait la somme de 532 000 $ à son assureur après deux incendies survenus à quatre jours d’intervalle. Le premier avait causé des dommages […]

Soyez les premiers informés

Abonnez-vous à nos communications