Bulletins

86

Les assemblées des compagnies peuvent avoir lieu à distance, malgré les documents constitutifs

Par communiqué de presse en date du 27 avril 2020, la ministre de la Justice et procureure générale du Québec a annoncé que, pour la durée de l’état d’urgence sanitaire en lien avec la pandémie de COVID-19, les personnes légales, organisations à but non lucratif et autres associations qui doivent tenir des réunions de leurs administrateurs, actionnaires (dans le cas de sociétés) ou membres (dans le cas des organisations à but non lucratif) peuvent désormais tenir à distance leurs assemblées, réunions ou séances, même lorsque leurs documents constitutifs exigent la participation en personne ou prohibent leur tenue par des moyens technologiques. Cette mesure vise notamment les sociétés par actions, les personnes morales sans but lucratif constituées en vertu de la Partie III de la Loi sur les compagnies (Québec), les coopératives, les sociétés de personnes, les syndicats de copropriété, les ordres professionnels, le conseil des commissaires d’une commission scolaire anglophone et le conseil d’établissement d’une école primaire ou secondaire.

De façon générale, ces moyens technologiques doivent permettre à tous les participants de s’écouter et de s’exprimer (ex., conférence téléphonique ou visioconférence), et comporter une méthode pour tenir le vote et en enregistrer les résultats. Si un vote secret est requis, on peut le tenir par toute méthode de communication convenue ou, à défaut, par toute méthode qui permet de recueillir les votes pour vérification subséquente, tout en préservant leur caractère secret.

Des mesures semblables ont été adoptées par les provinces et territoires à travers le Canada. Ceci demeure néanmoins une solution temporaire, et toute entité de toute nature que ce soit devant tenir des réunions sera bien avisée de saisir l’occasion pour mettre à jour ses documents constitutifs (charte, règlements, contrats, etc.) afin de permettre expressément la tenue à distance de ses réunions et assemblées et d’établir les exigences pour la tenue de telles réunions et leur déroulement.

86

Auteurs

Sharon G. Druker, Ad. E.

Avocate, associée et superviseure des Services corporatifs

Articles dans la même catégorie

Sans mise en demeure, point de résiliation

La décision Pavage Wemindji inc. c. Compagnie de Construction et de Développement crie ltée, rendue par la Cour supérieure, rappelle l’importance de la mise en demeure avant de résilier un contrat. Une mise en demeure requiert de fournir un délai ultime d’exécution et d’annoncer la conséquence d’un défaut. La décision La demanderesse Pavage Wemindji inc. (« Wemindji »), […]

Contrats publics : quand la clause pénale devient-elle abusive?

Pratique pour le donneur d’ouvrage, la clause pénale d’un contrat lui évite d’avoir à prouver l’étendue de ses dommages en cas de non-respect d’une obligation. Elle est aussi redoutable pour l’entrepreneur, qui s’expose à une peine forfaitaire pouvant représenter une part significative de la valeur du contrat. Mais cette mécanique bien rodée a une limite : […]

Pas si intelligent que ça !

Depuis la démocratisation des outils d’intelligence artificielle, des préoccupations croissantes émergent quant à leur utilisation dans le cadre des procédures judiciaires. Des jugements récents s’appuient sur l’article 342 du Code de procédure civile afin de sanctionner les parties qui en font un usage inadéquat. Plus précisément, cette disposition a été invoquée à plusieurs reprises pour réprimer l’utilisation ou […]

Alors? C’est réglé ou non?

Dans un jugement en cours d’instance rendu le 20 février 2026 dans le dossier Djaferian c. Spanoudakis, la Cour supérieure devait déterminer si une offre formulée 15 mois auparavant, avant la judiciarisation du dossier, pouvait être acceptée et donner lieu à une transaction. Résumé des faits et chronologie Le Demandeur, un copropriétaire ayant subi un dégât d’eau […]

Partys de bureau : jusqu’où s’étend la responsabilité de l’employeur de prévenir les incidents de harcèlement ?

Dans De Sousa et Corporation interactive Eidos, 2026 QCTAT 4, le Tribunal administratif du travail (TAT) a récemment rendu une décision qui semble élargir considérablement la portée des obligations de l’employeur en matière de prévention du harcèlement. Dans cette affaire, à la suite d’une agression sexuelle subie par une salariée à son domicile après une fête d’entreprise, le TAT devait notamment déterminer […]

Les pertes économiques doivent-elles être considérées comme des dommages aux biens?

La Cour d’appel du Québec répond dans l’affaire Zurich, Compagnie d’assurances SA c. CRT Construction inc., en infirmant la décision de la Cour supérieure concernant l’interprétation d’une police d’assurance de construction. Faits CRT Construction inc. (« CRT ») a été mandatée par la Ville de Montréal (« la Ville ») pour réaliser d’importants travaux de construction à […]

Soyez les premiers informés

Abonnez-vous à nos communications