Bulletins

162

La santé mentale des employés lors du retour au travail : une composante à considérer

Le gouvernement du Québec a annoncé, le 28 avril 2020, une reprise graduelle des activités économiques. Certaines réouvertures auront lieu dans les domaines manufacturier, de la construction et du commerce de détail.

En tant qu’employeur, la Loi sur la santé et la sécurité du travail vous oblige à prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé et assurer la sécurité de vos travailleurs. Ainsi, vous devrez non seulement respecter les consignes sanitaires communiquées par le gouvernement lors de la reprise de vos activités, mais vous devrez également veiller à ce que vos salariés les respectent.

Outre les consignes sanitaires, cette obligation s’étend à la protection de la santé mentale de vos travailleurs. Parmi les risques d’atteinte en raison de la pandémie, on compte notamment le stress, l’anxiété et la déprime. On peut imaginer un retour difficile sur le plan de la motivation et un besoin accru de la part des travailleurs en termes d’autonomie et de flexibilité des horaires de travail.

Les réactions de stress, d’anxiété et de déprime peuvent survenir sur les plans physique, émotionnel et comportemental. La question qui se pose en contexte de retour au travail est celle de la manière dont un employeur doit réagir face à des employés qui présentent des symptômes de ce type. À cet effet, la CNESST a produit un aide-mémoire de type « liste de contrôle » rappelant les précautions que vous devriez prendre en prévision du jour du retour de vos employés sur les lieux du travail.

À titre d’exemple, un salarié sur un chantier de construction qui présente des difficultés de concentration, de l’irritabilité ou de l’agressivité peut représenter un danger au chapitre de la santé et de la sécurité pour lui-même et pour ses collègues. Il est donc important de faire certaines vérifications de manière à prendre les moyens nécessaires pour remédier à la situation, que ce soit en ordonnant au travailleur de retourner à la maison ou en lui procurant de l’aide.

Il faut savoir qu’un problème de santé mentale peut, dans certains cas, être considéré comme un handicap au sens de l’article 10 de la Charte des droits et libertés de la personne [« Charte »]. Plus particulièrement, l’article 16 de la Charte énumère quelques situations dans lesquelles un employeur ne peut discriminer en raison d’un handicap :

16. Nul ne peut exercer de discrimination dans l’embauche, l’apprentissage, la durée de la période de probation, la formation professionnelle, la promotion, la mutation, le déplacement, la mise à pied, la suspension, le renvoi ou les conditions de travail d’une personne ainsi que dans l’établissement de catégories ou de classifications d’emploi.

Ainsi, lors de la relance de vos activités, vous devrez garder en tête la possibilité de devoir mettre en place des mesures d’accommodement raisonnables pour certains de vos salariés. À défaut, vous risquez de vous exposer à des plaintes de leur part à la CNESST ou à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse.

Nous vous recommandons d’établir un plan de relance de vos activités le plus rapidement possible. L’équipe de RSS peut vous soutenir dans l’élaboration de ce plan afin que vous rencontriez vos obligations légales en santé et sécurité du travail, et afin de prévenir de potentielles plaintes.

162

Articles dans la même catégorie

Alors? C’est réglé ou non?

Dans un jugement en cours d’instance rendu le 20 février 2026 dans le dossier Djaferian c. Spanoudakis, la Cour supérieure devait déterminer si une offre formulée 15 mois auparavant, avant la judiciarisation du dossier, pouvait être acceptée et donner lieu à une transaction. Résumé des faits et chronologie Le Demandeur, un copropriétaire ayant subi un dégât d’eau […]

Partys de bureau : jusqu’où s’étend la responsabilité de l’employeur de prévenir les incidents de harcèlement ?

Dans De Sousa et Corporation interactive Eidos, 2026 QCTAT 4, le Tribunal administratif du travail (TAT) a récemment rendu une décision qui semble élargir considérablement la portée des obligations de l’employeur en matière de prévention du harcèlement. Dans cette affaire, à la suite d’une agression sexuelle subie par une salariée à son domicile après une fête d’entreprise, le TAT devait notamment déterminer […]

Les pertes économiques doivent-elles être considérées comme des dommages aux biens?

La Cour d’appel du Québec répond dans l’affaire Zurich, Compagnie d’assurances SA c. CRT Construction inc., en infirmant la décision de la Cour supérieure concernant l’interprétation d’une police d’assurance de construction. Faits CRT Construction inc. (« CRT ») a été mandatée par la Ville de Montréal (« la Ville ») pour réaliser d’importants travaux de construction à […]

La Cour d’appel creuse les intentions des parties et la demande frappe un mur…

Les faits Dans le cadre d’un projet pour la construction d’un immeuble à condominiums de dix étages, l’entrepreneur responsable des travaux d’excavation sous-traite la conception et la mise en place d’un mur berlinois (le « Mur ») à Phénix Maritime inc. (« Phénix ») qui, à son tour, sous-traite la conception à Les investigations Marcel Leblanc inc. (« IML »). Des […]

La CAI publie son guide sur la prévention des incidents de confidentialité : une feuille de route pratique pour les entreprises opérant au Québec

Le 30 janvier 2026, la Commission d’accès à l’information (« CAI ») a publié de nouvelles orientations visant à renforcer la manière dont les organisations préviennent les incidents de confidentialité impliquant des renseignements personnels. Les incidents de confidentialité figurent parmi les risques les plus importants en matière de protection de la vie privée auxquels font face les organisations […]

Des vices pas si cachés pour un cordonnier mal chaussé

Dans l’arrêt Beaudoin c. Boucher, 2025 QCCA 1646, rendu le 19 décembre dernier, la Cour d’appel confirme le rejet de l’action en vices cachés intentée par des acheteurs d’un immeuble résidentiel. La Cour rappelle l’obligation d’un acheteur d’approfondir les inspections lorsqu’il est confronté à des indices sérieux de déficience, particulièrement si l’acheteur a une compétence […]

Soyez les premiers informés

Abonnez-vous à nos communications