Bulletins

202

Nouvelles obligations municipales concernant les chiens

En 2018, le gouvernement du Québec a adopté la Loi visant à favoriser la protection des personnes par la mise en place d’un encadrement concernant les chiens.[1] En application de cette loi, le gouvernement a aussi adopté en 2020 un Règlement d’application de la Loi visant à favoriser la protection des personnes par la mise en place d’un encadrement concernant les chiens.[2]

Cette loi et le règlement d’application ont imposé aux municipalités plusieurs obligations à l’égard des chiens. En plus de celles déjà connues, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec a adopté, le 8 novembre 2021, un Arrêté ministériel (A.M., 2021) publié dans la Gazette officielle du Québec du 24 novembre 2021, numéro 153, partie 2, concernant le Règlement sur les informations devant être communiquées par une municipalité locale en application de l’article 8 de la Loi visant à favoriser la protection des personnes par la mise en place d’un encadrement concernant les chiens.

Effectivement, depuis l’entrée en vigueur de cet Arrêté ministériel, soit le 9 décembre 2021, les municipalités locales doivent, au plus tard le 15 mai de chaque année, en commençant dès l’année 2022, fournir pour l’année civile précédente différentes informations prescrites sur un formulaire émis par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation. Les informations qui devront être indiquées sur ce formulaire sont les suivantes :

  1. Le nombre de signalements que la municipalité a reçus à l’égard des chiens dangereux, d’un médecin vétérinaire ou d’un médecin.
  2. Le nombre de chiens soumis par la municipalité à un examen d’un médecin vétérinaire aux fins de déterminer s’il est potentiellement dangereux.
  3. Le nombre de chiens que la municipalité a déclaré potentiellement dangereux au cours de l’année applicable.
  4. Le nombre de chiens que la municipalité a ordonné de faire euthanasier au cours de l’année applicable.
  5. Le nombre total de chiens enregistrés à la municipalité au 31 décembre de l’année applicable dont le poids est de 20 kilos et plus et le nombre de ceux déclarés potentiellement dangereux.

Dans le formulaire, la municipalité doit aussi indiquer les normes réglementaires plus sévères que celles prévues au Règlement d’application de la Loi visant à favoriser la protection des personnes et la mise en place d’un encadrement concernant les chiens qu’elle a mises en place pour encadrer les chiens.

Comme le formulaire doit être complété au plus tard le 15 mai de chaque année, il est impératif de prévoir dès à présent une compilation desdites informations afin d’instaurer un traitement des dossiers de chiens de manière à permettre, pour chaque année, une compilation efficace et adéquate des informations à fournir annuellement au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec.

[1]     R.L.R.Q. chap. P-38.002.

[2]     R.L.R.Q. chap. P-38.002, r. 1.

 

Avis : Le contenu du présent document ne constitue aucunement un avis juridique. Il a uniquement pour objectif d’informer le lecteur.

202

Articles dans la même catégorie

Sans mise en demeure, point de résiliation

La décision Pavage Wemindji inc. c. Compagnie de Construction et de Développement crie ltée, rendue par la Cour supérieure, rappelle l’importance de la mise en demeure avant de résilier un contrat. Une mise en demeure requiert de fournir un délai ultime d’exécution et d’annoncer la conséquence d’un défaut. La décision La demanderesse Pavage Wemindji inc. (« Wemindji »), […]

Contrats publics : quand la clause pénale devient-elle abusive?

Pratique pour le donneur d’ouvrage, la clause pénale d’un contrat lui évite d’avoir à prouver l’étendue de ses dommages en cas de non-respect d’une obligation. Elle est aussi redoutable pour l’entrepreneur, qui s’expose à une peine forfaitaire pouvant représenter une part significative de la valeur du contrat. Mais cette mécanique bien rodée a une limite : […]

Pas si intelligent que ça !

Depuis la démocratisation des outils d’intelligence artificielle, des préoccupations croissantes émergent quant à leur utilisation dans le cadre des procédures judiciaires. Des jugements récents s’appuient sur l’article 342 du Code de procédure civile afin de sanctionner les parties qui en font un usage inadéquat. Plus précisément, cette disposition a été invoquée à plusieurs reprises pour réprimer l’utilisation ou […]

Alors? C’est réglé ou non?

Dans un jugement en cours d’instance rendu le 20 février 2026 dans le dossier Djaferian c. Spanoudakis, la Cour supérieure devait déterminer si une offre formulée 15 mois auparavant, avant la judiciarisation du dossier, pouvait être acceptée et donner lieu à une transaction. Résumé des faits et chronologie Le Demandeur, un copropriétaire ayant subi un dégât d’eau […]

Partys de bureau : jusqu’où s’étend la responsabilité de l’employeur de prévenir les incidents de harcèlement ?

Dans De Sousa et Corporation interactive Eidos, 2026 QCTAT 4, le Tribunal administratif du travail (TAT) a récemment rendu une décision qui semble élargir considérablement la portée des obligations de l’employeur en matière de prévention du harcèlement. Dans cette affaire, à la suite d’une agression sexuelle subie par une salariée à son domicile après une fête d’entreprise, le TAT devait notamment déterminer […]

Les pertes économiques doivent-elles être considérées comme des dommages aux biens?

La Cour d’appel du Québec répond dans l’affaire Zurich, Compagnie d’assurances SA c. CRT Construction inc., en infirmant la décision de la Cour supérieure concernant l’interprétation d’une police d’assurance de construction. Faits CRT Construction inc. (« CRT ») a été mandatée par la Ville de Montréal (« la Ville ») pour réaliser d’importants travaux de construction à […]

Soyez les premiers informés

Abonnez-vous à nos communications