Bulletins

373

À même approche, même résultat… Encore une fois!

En juin dernier, nous avions publié une infolettre relativement à la décision Michel Grenier c. Me Julie Charbonneau, Roger Picard et Conseil de discipline de l’Ordre des psychologues du Québec. Cette décision faisait suite à la présentation par les Défendeurs de Demandes en irrecevabilité et rejet, lesquelles ont été accueillies en première instance.

Au moment de la publication de l’infolettre, le délai d’appel n’était pas encore expiré. Depuis la publication, le demandeur Grenier a porté la décision de première instance en appel.

Comme le jugement de première instance rejetait la Demande introductive d’instance, notamment, au motif d’abus au sens de l’article 51 du Code de procédure civile, M. Grenier devait obtenir la permission de la Cour d’appel pour en appeller. C’est l’Honorable Juge Christine Baudouin, J.C.A., qui a entendu cette demande.

Au soutien de sa demande, M. Grenier soulevait que le Juge de première instance avait ignoré les faits qui démontraient la partialité, la mauvaise foi et la malice des intimés, et qu’il avait erré en « prenant des positions contredites par [son] plan d’argumentation », lequel décrivait, selon lui, en détail chacun des gestes reprochés aux intimés.

La Juge Baudouin rappelle que pour qu’une permission d’en appeler soit accordée, il faut que l’Appelant démontre que l’appel « soulève une question qui mérite l’attention de la Cour, à savoir qu’il existe une question de principe, une question nouvelle ou une question de droit faisant l’objet d’une jurisprudence contradictoire. »

La Juge souligne également qu’en cas d’abus, des considérations supplémentaires sont nécessaires pour qu’une permission d’appeler soit accordée, à savoir la démonstration d’une faiblesse apparente dans le jugement, faiblesse qui engendrerait un risque d’injustice.

Après avoir analysé les arguments de M. Grenier, la Juge Baudouin conclut que celui-ci ne satisfait pas aux critères permettant d’accorder une permission d’appeler. En effet, selon la Juge, « [o]ctroyer la permission d’appeler en l’espèce aurait plutôt pour conséquence de perpétuer l’abus de procédure. »

Morale de l’histoire

Ce ne sont pas tous les jugements qui donnent le droit à un appel automatique. Lorsqu’une permission est requise, il faut que l’appelant démontre que l’appel est nécessaire pour corriger une éventuelle injustice. Cela est d’autant plus vrai en présence d’une question d’abus, puisqu’il faut alors démontrer une faiblesse apparente du jugement de première instance. Permettre à un recours qui a été rejeté au motif d’abus de procéder en appel ne ferait que perpétuer l’abus de procédure.

373

Auteurs

Articles dans la même catégorie

Sans mise en demeure, point de résiliation

La décision Pavage Wemindji inc. c. Compagnie de Construction et de Développement crie ltée, rendue par la Cour supérieure, rappelle l’importance de la mise en demeure avant de résilier un contrat. Une mise en demeure requiert de fournir un délai ultime d’exécution et d’annoncer la conséquence d’un défaut. La décision La demanderesse Pavage Wemindji inc. (« Wemindji »), […]

Contrats publics : quand la clause pénale devient-elle abusive?

Pratique pour le donneur d’ouvrage, la clause pénale d’un contrat lui évite d’avoir à prouver l’étendue de ses dommages en cas de non-respect d’une obligation. Elle est aussi redoutable pour l’entrepreneur, qui s’expose à une peine forfaitaire pouvant représenter une part significative de la valeur du contrat. Mais cette mécanique bien rodée a une limite : […]

Pas si intelligent que ça !

Depuis la démocratisation des outils d’intelligence artificielle, des préoccupations croissantes émergent quant à leur utilisation dans le cadre des procédures judiciaires. Des jugements récents s’appuient sur l’article 342 du Code de procédure civile afin de sanctionner les parties qui en font un usage inadéquat. Plus précisément, cette disposition a été invoquée à plusieurs reprises pour réprimer l’utilisation ou […]

Alors? C’est réglé ou non?

Dans un jugement en cours d’instance rendu le 20 février 2026 dans le dossier Djaferian c. Spanoudakis, la Cour supérieure devait déterminer si une offre formulée 15 mois auparavant, avant la judiciarisation du dossier, pouvait être acceptée et donner lieu à une transaction. Résumé des faits et chronologie Le Demandeur, un copropriétaire ayant subi un dégât d’eau […]

Partys de bureau : jusqu’où s’étend la responsabilité de l’employeur de prévenir les incidents de harcèlement ?

Dans De Sousa et Corporation interactive Eidos, 2026 QCTAT 4, le Tribunal administratif du travail (TAT) a récemment rendu une décision qui semble élargir considérablement la portée des obligations de l’employeur en matière de prévention du harcèlement. Dans cette affaire, à la suite d’une agression sexuelle subie par une salariée à son domicile après une fête d’entreprise, le TAT devait notamment déterminer […]

Les pertes économiques doivent-elles être considérées comme des dommages aux biens?

La Cour d’appel du Québec répond dans l’affaire Zurich, Compagnie d’assurances SA c. CRT Construction inc., en infirmant la décision de la Cour supérieure concernant l’interprétation d’une police d’assurance de construction. Faits CRT Construction inc. (« CRT ») a été mandatée par la Ville de Montréal (« la Ville ») pour réaliser d’importants travaux de construction à […]

Soyez les premiers informés

Abonnez-vous à nos communications